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1er juin 2008: la Suisse vote sur la médecine
et les médecins
Le premier week-end de juin, les Suissesses et les
Suisses voteront sur la liberté de contracter et le
financement moniste
des soins. C’est là en effet, ni plus ni moins, ce que
prévoit le contre-projet intitulé «Qualité et
efficacité économique
dans l’assurance-maladie», tel qu’il sera soumis
au peuple après que l’UDC a retiré son initiative
pour la
baisse des primes.
Ce contre-projet peut paraître inoffensif à première
vue. A y regarder de plus près, on constate toutefois à quel
point il est pernicieux: s’il est approuvé par le peuple
le
1er juin, la liberté de contracter et le financement moniste
seront bientôt une réalité.
Les partisans du contre-projet parlent de «concurrence
régulée», un euphémisme qui, en fin de compte,
ne
signifie rien d’autre que la liberté de contracter. Or pour
nous, les médecins, de même que pour nos patientes et
nos patients, la liberté de contracter revient exactement à
son contraire – elle est une absence de liberté: à l’avenir,
seuls seront encore admis les prestataires de soins qui travaillent «à bon
marché» et conformément aux exigences
des assurances. Une pratique qui n’est possible que si l’on
se concentre sur des patients généralement en bonne
santé. Les médecins qui soignent des personnes âgées
ou
des malades chroniques – par exemple des diabétiques ou
des patients atteints de maladies requérant des traitements
intensifs – ne seront plus acceptés par les caisses
comme partenaires contractuels. Et ce sont précisément
ces patients-là, leurs patients, qui resteront sur le carreau.
Le financement moniste est lui aussi une exigence à
courte vue. Qui gérera ce financement? Si ce sont les cantons
ou un organisme tiers, ils devront mettre sur pied
tout un système de contrôle des prestations et de facturation – et
les caisses-maladie deviendront alors inutiles. Il
est donc vraisemblable que cette tâche reviendra aux
seules caisses, qui auront désormais tous les pouvoirs.
Elles seront à la fois juge et bourreau puisqu’elles détermineront
qui peut travailler comme médecin, quels
patients peuvent être traités et quels traitements sont
justifiés. Et ceci sans l’ombre d’un contrôle
indépendant.
Pour ces raisons, la FMH doit opposer un non clair et
net au contre-projet «Qualité et efficacité économique
dans l’assurance-maladie». Les attentes du monde politique,
telles qu’elles s’expriment notamment dans l’article
constitutionnel soumis au vote, nous montrent clairement
que les médecins doivent maintenant se manifester.
L’obligation de contracter pourrait devenir du passé plus
rapidement que nous ne le voudrions. Nous devons donc,
nous aussi, envisager de nouvelles approches. Et plus rapidement
nous proposerons des solutions de rechange,
plus grande sera notre chance de faire passer nos idées.
Avec le managed care et les réseaux de soins, nous
avançons, en tant que corps médical, des propositions
convaincantes pour un système de santé qui soit financièrement
supportable et accessible à tous – tout en garantissant
la haute qualité et l’économicité des prestations.
Nous demandons donc
– la collaboration continue des prestataires de soins et
des assureurs en tant que
partenaires égaux en droits;
– la promotion du managed care et des réseaux médicaux;
– la création d’incitations favorisant ces réseaux;
– la liberté pour les médecins et les patients d’opter
pour ou contre un réseau médical et
– la définition de critères de qualité.
Nous allons, ces prochains mois, nous engager activement
dans la campagne de vote et continuer de concrétiser
les dossiers du managed care et des réseaux médicaux.
L’objectif que nous devons atteindre, c’est le maintien du
libre choix pour le patient et, pour nous les médecins, du
libre exercice de la profession. Ni plus ni moins.
Dr Jacques de Haller,
président de la FMH
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