C’est presque une habitude qui revient chaque année, comme la déclaration d’impôts. Et pourtant, le relevé MAS de l’Office fédéral de la statistique (OFS) a une histoire qui mérite d’être racontée. Il montre qu’une collaboration constructive entre la Confédération et la FMH est non seulement possible mais qu’elle peut aussi fonctionner de manière durable, dans l’intérêt des deux parties! Regardons ensemble où nous étions il y a encore neuf ans. Aucune solution acceptable par le corps médical n’était en vue pour la mise en œuvre des dispositions de la Loi sur l’assurance-maladie, à l’époque l’art. 22a, aujourd’hui l’art. 59a. Le contexte des structures de soins devenu plus complexe avait accéléré la remise en question de l’étude sur le revenu des médecins réalisée et publiée par la FMH depuis des décennies. Finalement, l’Office fédéral des assurances socia­les nous a retiré l’autorisation de consulter les données de l’AVS, signant ainsi la fin de cette étude et laissant la place à bons nombres de chiffres fantaisistes sur le revenu des médecins correspondant, dans le meilleur des cas, à des valeurs statistiques aussi aberrantes que fictives sans jamais pouvoir prétendre à être représentatives. Dans la foulée, l’OFS a mis sur pied et adapté un questionnaire MAS en concertation avec la FMH, les représentants de nos organisations médicales et les partenaires NewIndex et la Caisse des médecins. Là aussi, nous avons trouvé ensemble une manière constructive de procéder permettant de tenir compte des préoccupations légitimes de nos membres en matière de protection des données tout en conservant un niveau élevé de qualité des données et en réduisant le temps de saisie des membres qui peuvent d’une simple pression d’un bouton donner leur accord pour que les données déjà existantes soient reprises dans le questionnaire MAS. Je saisis l’occasion et remercie vivement NewIndex et la Caisse des médecins pour leur engagement au service de nos membres. La possibilité offerte aux cabinets et aux centres ambulatoires de décider eux-mêmes à la fin du relevé s’ils souhaitent communiquer leurs données à des fins statistiques et/ou à des fins de surveillance a été un autre point capital pour la qualité des données. Si le questionnaire est rempli à contre-cœur avec un effet de contrainte, les réponses risquent d’être imprécises et de nuire à la qualité des données. De cette manière, on n’aurait jamais pu mettre en avant cette qualité juste après le premier relevé, alors que les calculs de validation et les contrôles de plausibilité effectués par l’OFS faisaient état dès avril 2018 d’une bonne cohérence et donc de fiabilité.