Depuis plusieurs années, j’exerce la médecine de premier recours auprès de personnes vulnérables. Je m’occupe notamment de personnes qui suivent un traitement de substitution, demandent l’asile, sont sans papiers ou n’ont pas d’assurance-maladie. Leur prise en charge est garantie, tant sur le plan médical que psychiatrique, mais contrairement aux patientes et patients dont je m’occupais avant en qualité de responsable d’un service d’urgence interniste d’un hôpital de soins aigus, leurs besoins sont plus aigus. Lorsque j’ai débuté ma nouvelle activité, on m’a souvent demandé (et c’est encore parfois le cas): «Pourquoi as-tu changé? Soigner ces personnes est tellement exigeant, c’est vraiment ce que tu veux? N’est-ce pas trop difficile et déprimant?»