Une crise comme celle du Covid-19 est un de ces phénomènes globaux qu’on appelle nouvelles crises,qui se ­caractérisent par l’interdépendance et les effets en ­cascade de nombreux domaines autrefois moins interdépendants – notamment dus à la mondialisation –, le nombre de personnes touchées directement ou in­directement et les risques sur les infrastructures critiques [1]. L’instabilité qui caractérise une période de crise amène à prendre des directions différentes et peut conduire à des changements parfois fondamentaux. La psychiatrie a traversé dans son histoire diverses périodes de grandes crises. Un exemple d’une crise qu’on peut considérer comme salutaire, enrichissante pour la psychiatrie, est certainement la période des mouvements sociaux de 1968 qui ont inspiré les grandes réformes de la psychiatrie, notamment le virage ambulatoire et communautaire, la sectorisation et la Loi 180 (loi Basaglia) en Italie. Inversement, l’instrumentalisation de la psychiatrie durant la période totalitariste qui a suivi la Première Guerre mondiale et les crises économiques et sociétales subséquentes nous rappelle les risques liés à de telles crises. Ainsi, il peut être utile à ce stade de soulever la question des effets possibles de la crise liée au Covid-19 sur la psychiatrie, qu’il s’agisse de risques ou d’opportunités.