De nombreuses études indiquent que la qualité de la prise en charge médicale est élevée en Suisse. En comparaison internationale, et en particulier européenne, nous caracolons en tête du classement. Une question se pose néanmoins: ces études tiennent-elles vraiment compte de toutes les personnes nécessitant des soins médicaux? Pour des raisons financières, une part non négligeable de familles, de couples et de personnes seules ne peuvent pas consulter de médecin, leur principale préoccupation étant de pouvoir payer leurs primes d’assurance-maladie ou d’obtenir des subsides pour le faire. Or, ces dernières années, de nombreux cantons ont durci l’accès à ces aides et le nombre de bénéficiaires est nettement plus faible. Dans notre société, certaines personnes ne peuvent plus payer ces primes ou seulement par intermittence, raison pour laquelle certains cantons les pénalisent en les plaçant sur «liste noire», de sorte que seuls les traitements médicaux urgents leurs seront remboursés. Mais qui décide? Les situations absurdes qui en découlent ont été maintes fois relayées par la presse.