Boules de cristal et tarot font partie de notre culture. Le Big Data est parfait pour les analyses en vogue, mais nous voudrions savoir ce qui se cachait hier ou ce qui arrivera après-demain. Lorsque, dans un épisode de ­Tatort, un guérisseur a fourni l’indication décisive aux enquêteurs d’un crime, la police de Lucerne a immédiatement démenti, niant avoir recours à l’ésotérisme. Quand les enquêtes ne donnent rien, avec la pression médiatique, il peut cependant arriver que l’on fasse appel aux voyants. Il est fréquent, aux Etats-Unis, de demander l’aide d’un psychic detective, c’est plus ­variable dans les länder allemands. Pour l’enlèvement de H.M. Schleyer par la RAF ou les assassinats du NSU, des télépathes policiers sont aussi intervenus. Pourtant, les rares statistiques existantes n’apportent aucune preuve de l’avantage de ce type de coopération. Le «deus ex machina» ou le predictive policing, qui permet le stockage des données, offrent les mêmes chances 
de tomber juste.