Lorsqu’il est question de politique de santé, il n’est pas rare de voir des pourcentages effrayants donner l’impression que le système de santé ne pourra bientôt plus être financé. Si ces pourcentages élevés alimentent allègrement les discussions [1], ils sont aussi régulièrement mis en avant par des graphiques dits «indexés» qui permettent de forcer le trait. En effet, ces graphiques montrent exclusivement des évolutions exprimées en pourcentage, sans faire état des valeurs réelles qui les sous-tendent. Ce subterfuge permet de présenter une information apparemment sérieuse, statique et neutre, mais favorise une perception unilatérale et biaisée [2].