Résumé

L’auteur Robert Menasse a prêté au premier président de la CEE (l’ancêtre de l’UE) des paroles qu’il n’a jamais prononcées. Pour le Tages-Anzeiger, c’est un «péché véniel». Menasse a simplement choisi le mauvais genre, l’essai, autrement il aurait eu la liberté artistique d’inventer des mensonges. Le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet a menti lui aussi. D’après Christoph Blocher, les hommes politiques mentent souvent. Il estime qu’en tant que conseiller fédéral, un principe collégial oblige à cela. Mais pour lui, l’objectif doit justifier le mensonge, ce qui n’est pas le cas pour Maudet. Le président du PDC Gerhard Pfister pense que la politique ne connaît aucune vérité. Elle ne fait qu’analyser les faits de façons différentes. Le 8 novembre 2018, Alain Berset a pris position sur deux études controversées concernant les revenus des médecins: «Il est évident que ce ne sont pas les mêmes chiffres. Ils montrent cependant la même réalité. Quand on regarde cette réalité, on saperçoit que ces chiffres concordent tout à fait. Ils fonc­tionnent ensemble. Et une fois encore, j’affirme qu’ils montrent une transparence sur une réalité en 3D.» En 3D? La vérité est toujours rectiligne et unidimensionnelle. La deuxième dimension est ce que le président du PDC appelle «la différence d’analyse politique». Cette deuxième dimension définit une surface, à savoir le vaste champ des opinions politiques. La troisième dimension est la déformation intentionnelle de la vérité. On parle d’un tissu de mensonges. Berset le politicien a fait cette déclaration sur la 3D dans l’émission 10vor10, non dans une émission comique. Il a choisi le mauvais genre et, dans la logi­que du Tages-Anzeiger, n’a commis qu’un péché véniel.
Robert Menasse (geb. 1954), österreichischer Schriftsteller (Die Hauptstadt), mehrfach mit Auszeichnungen dekoriert, legte in seinen Schriften dem ersten Präsidenten der Europäischen Wirtschaftsgemeinschaft EWG – Vorläuferin der EU – Walter Hallstein (1901–1982) Zitate in den Mund, die dieser nie gesagt hatte [1]. Dies sei eine «lässliche Sünde», meint der Tages-Anzeiger. Menasse habe sich einzig im Genre vergriffen, wenn er solche unwahren Zitate in einem Essay verwende. Ansonsten aber gelte für den Dichter die künstlerische Freiheit [2]. Alles klar? Falsches Genre gleich lässliche Sünde.