Traductrice de cet ouvrage, Sophie Swaton est philosophe et économiste à l’Université de Lausanne, spécialiste en durabilité. C’est en 2011 qu’elle rencontre Iwan Asnawi: ce thérapeute traditionnel indonésien vivant en Suisse depuis 1995 parvient à la soulager d’un status douloureux. Intéressée par son histoire, elle l’encourage à la mettre sur papier. Né en 1964 dans la jungle de Sumatra, Iwan Asnawi est marqué à vie par la nature et l’«esprit» de ce milieu qui l’a vu grandir. Après des études de droit, il est engagé dans l’opposition à la dictature brutale, durant trente ans, du général Suharto. Il épouse une Suissesse alémanique rencontrée dans le cadre d’Amnesty International. Iwan Asnawi retourne régulièrement dans son pays pour s’y ressourcer, notamment au contact de ses confrères dukuns (guérisseurs). Ses grands-parents étaient eux-mêmes dukuns et une expérience forte en forêt, à 24 ans, l’a fait à son tour embrasser cette voie: «Si je devais définir un dukun, je dirais qu’il fait le pont entre le monde des esprits et le monde terrestre. Ce sont des personnes entièrement connectées à l’Univers et ressentant les liens entre les vivants», dit l’auteur. Il s’agit en fait de la définition universelle du chamane, qu’il/elle soit de Sibérie, d’autres régions nordiques ou des deux Amériques notamment.