«Le Conseil fédéral n’a pas su sortir de l’ornière dans ce dossier, et a montré une étonnante réticence à gouverner. Karin Keller-Sutter, en particulier, a récemment dénoncé l’esprit de clocher dont font montre certains départements» [1]. Voici ce que l’on a pu lire dans la Neue Zürcher Zeitung du 5 décembre 2018, alors que l’Assemblée votait pour remplacer Johann Schneider-Amman, démissionnaire. Le désir de contrebalancer la politique interventionniste du Département fédéral de l’intérieur (DFI) dans le domaine de la santé était pourtant encore bien vivant au sein du Conseil fédéral, alors que le Bernois accomplissait sa dernière année au gouvernement. Le DFI avait prévu de soumettre au Parlement en cinq tranches l’entier du paquet de mesures – 38, pas moins – préconisées dans le rapport du groupe d’experts organisé autour de Verena Diener. Il n’en a rien été. Lors de la session de mars 2018, seuls deux volets de mesures restaient dans la course. Celui portant sur l’importation parallèle de médicaments, un sujet qui ne vieillit jamais, était resté sur le carreau, et l’objectif de maîtrise des coûts dans l’assurance obligatoire des soins (AOS), mesure phare préconisée par le DFI, avait été relégué en liste d’attente.