Les politiques et les autorités ne cessent de nous dire de saisir enfin les opportunités de la numérisation et d’utiliser des outils en phase avec notre temps, et brandissent la menace de la contrainte. Une douche froide a suivi dès cet été lorsque le Parlement a décidé de coupler l’octroi de l’autorisation de pratiquer à l’obligation de participer au dossier électronique du patient (DEP). D’autres obligations suivront. Les déclarations indifférenciées, voire fausses, diffusées par les médias ont également le pouvoir d’accroître la pression des ­politiques sur le corps médical: «Les annonces de ­nouveaux cas de coronavirus se font par fax»1, ou «Beaucoup de médecins ne respectent pas l’obligation de signaler les cas»2. Alors que la première a été voulue par les autorités, la seconde est tout simplement fausse. Il n’en reste pas moins qu’un excès de réglementation et les accusations sont des instruments stratégiques bien connus pour déléguer la responsabilité via le contrôle et l’effet de diversion.