Lors de la première vague de la pandémie, le risque de surcharge du système de santé, la protection de la vie et de la qualité de vie des groupes de personnes vulnérables ainsi que l’équipement des établissements de santé en matériel de protection ont constitué les priorités. L’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) [1], la Société Suisse de Médecine Intensive (SSMI) [1, 2], la Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humaine [3], la Swiss National COVID-19 Science Task Force [4], l’Association suisse des infirmiers et infirmières (ASI) [5–7], la Fondation Dialog Ethik [8] ainsi qu’un groupe d’éthiciens de Suisse [9] ont souligné à plusieurs reprises les défis éthiques que la situation implique. La deuxième vague a vu ces défis s’accentuer, tandis que de nouveaux venaient s’ajouter. Ce contexte a mis en évidence de nouveaux groupes de personnes vulnérables aux conséquences de la pandémie, tels que les enfants, les familles, les familles monoparentales, les seniors seuls ou les personnes en situation de précarité sociale. En outre, la crise sanitaire a intensifié les défis auxquels le système de santé fait actuellement face: sous-financement des prestations ambulatoires et stationnaires, déficit de financement des mesures spécifiques à la pandémie, manque de coordination des prestataires dans un contexte de pénurie des ressources et épuisement physique et mental du personnel de santé. Déjà connus, ces défis constituent, lors de la pandémie de coronavirus, une menace pour la garantie des soins médicaux, mission confiée aux institutions à l’égard de la population résidante dans son ensemble.