Pour nombre d’entre nous, les derniers mois et semaines ont été synonymes de profonds bouleversements. Si la pandémie a fortement occupé mes pensées, j’ai aussi beaucoup réfléchi à l’accompagnement au jour le jour des patients. Un exemple: A 90 ans, ­arrière-grand-père de plusieurs jeunes enfants, M. X vit encore avec son épouse de 88 ans dans leur maison familiale. Un sentiment de faiblesse généralisée depuis plusieurs semaines et un pouls très ralenti l’amènent à consulter. Cela se termine par une décompensation cardiaque et la pose d’un pacemaker. L’ultrasonographie non invasive du cœur est pathognomonique et explique l’état de faiblesse. Les autres examens confirment l’hypothèse d’une amylose, dépôt de protéines excessif sur les organes. Le spécialiste contacté préconise une biopsie afin de confirmer le diag­nostic et d’évaluer les options thérapeutiques. Le patient a défini des directives anticipées excluant tout traitement invasif. Voilà pour ce qui est des aspects cliniques.