«Mon nom de famille est d’origine suisse, il vient de ‘Delessert’. Quelque part, j’avais envie de retourner aux sources», explique avec un sourire dans la voix Hugo Delsert, médecin français généraliste installé à Romont (FR) depuis 2013. Ce jeune homme de 35 ans a toujours eu «la bougeotte». Originaire du Nord de la France, non loin de Lille, il étudie la médecine à Toulouse, se spécialise en médecine d’urgence puis en médecine d’urgence de montagne, avant d’exercer pour le SAMU (n.d.l.r., équivalent du SMUR en Suisse) en Hautes-Pyrénées. Il y assouvit son amour des montagnes et de l’alpinisme lors de sauvetages périlleux. Est-ce l’appel des Alpes qui l’a poussé à venir en Suisse? «C’est sûr que le côté alpin m’attirait, mais ce n’est pas ce qui m’a décidé.» En 2012, un sympathisant d’Al-Qaïda tire sur des enfants qui rentraient dans une école à Toulouse, ville où Hugo Delsert suivait sa formation au SAMU. Cette attaque terroriste le choque profondément; il est sur le point de devenir père. «Cet événement tragique m’a beaucoup fait ­réfléchir. Avais-je vraiment envie de voir grandir mes enfants dans ce contexte?» Il repère dans Le Quo­tidien du médecin l’annonce d’un médecin fri­bourgeois à la recherche d’un successeur pour son ­cabinet à Romont. L’urgentiste tout juste diplômé en parle à l’un de ses chefs toulousains, sa décision est prise: il va tenter sa chance en Suisse. «Sur le plan ­sécuritaire, on ne peut pas trouver mieux que la Suisse», souligne celui qui est désormais père de deux enfants.