Ces vingt dernières années, la discipline de l’éthique clinique s’est constamment développée et professionnalisée en Suisse [1–3]. Depuis près de vingt ans, l’ASSM – entre autres – soutient son développement. Elle recommande l’instauration et le recours à une structure de soutien éthique en médecine dans un grand nombre de ses directives [4]. Les trois enquêtes transversales menées par l’ASSM ont montré qu’au fil des années, le nombre de structures d’éthique clinique explicites dans les hôpitaux suisses a augmenté de 18% en 2002 à 44% en 2006 et à 48% en 2014 (cf. [1–3]). Les trois premières enquêtes ont montré que, du point de vue thématique, le domaine d’activité de l’éthique clinique a évolué au fil du temps, mais dans ces mêmes enquêtes, les questions éthiques les plus fréquemment soumises à la structure d’éthique concernaient l’«interruption d’un traitement». Les autres questions portaient principalement sur la «réanimation» et l’«assistance au décès» (2002), les problèmes soulevés par les «mesures de contrainte» (2006) et par les «directives anticipées» (2014). L’enquête de 2014 montre également que les conflits de valeurs au sein de l’équipe de soins sont devenus un sujet de plus en plus important, tout comme les thèmes à forte composante juridique tels que l’évaluation de la capacité de discernement des patientes et des patients.