Le 19 mars 2021, le Conseil fédéral a annoncé le remplacement du modèle de délégation par le modèle de prescription à partir du 1er juillet 2022. Dans le nouveau modèle, les psychologues psychothérapeutes peuvent fournir leurs prestations de façon autonome dans le cadre de l’AOS. Le Conseil fédéral a fixé l’objectif suivant: l’accès simplifié à la psychothérapie doit permettre de remédier à la pénurie de médecins en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dans les régions périphériques, ainsi qu’en situation d’urgence et de crise et pour les personnes ­atteintes de maladies psychiatriques graves. Quelques mois plus tard, il s’avère que c’est un vœu pieux. Le calendrier pour la mise en œuvre est en effet bien trop serré. Compte tenu de la complexité et de la portée de ce changement de système, une révision de la LAMal aurait été indiquée. En lieu et place, le Conseil fédéral a choisi de procéder par voie d’ordonnance: six mois avant sa mise en œuvre, des questions fondamentales restent ouvertes concernant la prise en charge ciblée, la sécurité, la qualité et les coûts. Les zones d’ombre sont trop nombreuses et le système de santé est aujourd’hui menacé par le risque d’une prise en charge inappropriée parallèlement à une hausse des coûts incontrôlée, alors même que les politiques débattent intensivement des volets I et II de mesures visant à freiner la hausse des coûts, qui doivent permettre de réaliser des économies dans tous les ­domaines du système de santé.