L’Hôpital Riviera-Chablais sous la neige, janvier 2021.
Dès février 2020, dans notre hôpital, les hospitalisations et les consultations pour des syndromes grippaux atypiques augmentent. Les autorités de santé internationales et nationales commencent à alerter les hôpitaux du monde entier. Le COVID-19 devient vite la priorité. Fin février 2020, notre service est activé pour prendre en charge le personnel. Le 26 février, la Direction de l’hôpital crée une cellule de crise, dont notre service fait partie. Plusieurs fois par jour, cette cellule se réunit pour mettre en place un plan d’actions. ­Durant les premiers mois, les informations officielles sont floues, souvent changeantes. Notre service n’était ni organisé, ni préparé, ni équipé pour une activité de ce genre: il nous a fallu tout inventer et créer. A noter que notre hôpital venait de déménager en novembre 2019, regroupant six sites hospitaliers vers un seul nouveau site à Rennaz (VD). Le personnel de l’hôpital, y compris celui en première ligne ou qui travaille dans notre service, peine à assimiler tous ces changements, a parfois peur. Nous devons faire face aux questionnements sans toujours parvenir à donner une réponse ­satisfaisante. Nous devons nous adapter aux directives, qui changent rapidement. Les cas ne cessent d’aug­menter. Le 16 mars 2020, les autorités fédérales décident le semi-confinement. Les hôpitaux doivent ­garantir l’accueil des malades, en particulier des personnes atteintes du COVID-19. La priorité de notre institution est de garantir la continuité des soins, mais également de protéger son personnel, particulièrement exposé au risque d’infection. Le 30 mars, notre service doit ­suspendre toutes ses activités habituelles pour se concentrer exclusivement sur l’accompagnement et le dépistage des cas de COVID-19 chez le personnel. Les directives de la cellule cantonale HPCi (hygiène, prévention et contrôle de l’infection) servent de cadre. Nous apprenons à composer avec l’Ordonnance fédérale 2 COVID-19 et ses multiples versions. Les marches à suivre émanent de l’Office fédéral de la santé ­publique (OFSP), mais également du canton, de Swissnoso, du SECO et des sociétés faîtières. L’avalanche d’informations des médias et des experts de l’OMS ajoute de la confusion. Notre personnel, comme la ­population, se perd dans la masse d’informations. En raison de notre proximité avec la France, beaucoup de nos collaboratrices et collaborateurs frontaliers sont soumis à d’autres informations et dispositions légales, ce qui complique encore plus la gestion de la crise.