Cela nous arrive souvent dans notre quotidien clinique: avant de prendre une décision sur un cas concret, nous consultons différentes directives dont les recommandations respectives s’excluent mutuellement. Prenons l’exemple d’une fibrillation auriculaire détectée chez un patient de septante ans. Une hémodilution serait indiquée pour répondre au risque d’apoplexie cérébrale. Mais il a eu précédemment une hémorragie stomacale… Pas aussi banal donc, de donner un bon conseil. Les études scientifiques et les directives qui en découlent atteignent leurs limites là où elles commencent à s’exclure. Même l’évidence la plus élevée des études randomisées contrôlées comporte aussi de nombreuses exclusions car sinon, sans facteurs perturbateurs supplémentaires, les collectifs ne pourraient pas être comparés entre eux. La polymorbidité est justement aussi toujours un critère d’exclusion. ­Enfin, schématiquement, nos patients ne partagent pas tous les mêmes souhaits et n’ont pas non plus des projets de vie similaires. Personne ne se réduit à un être purement médical!