Jour après jour, les médecins font preuve d’engagement et d’empathie pour s’occuper de leurs patients. Pour l’heure, et ce en dépit d’une charge de travail élevée, ils sont encore une majorité à être satisfaits, à l’inverse de leurs collègues de pays soumis aux budgets globaux. Les longues journées de travail et la concentration sur les besoins des patients comportent cependant aussi des risques pour la santé. A l’instar des cordonniers qui sont toujours les plus mal chaussés, les médecins négligent trop souvent leur propre santé. De plus, il n’est pas rare qu’ils aient du mal à se laisser ausculter par un collègue et préfèrent donc se soigner eux-mêmes, avec le risque de sous-­estimer leurs maux. Parfois même, le seul fait d’avoir ­besoin d’aide les déstabilise, car ils ont peur que ce soit interprété comme un signe de faiblesse et d’incompétence. Les médecins qui les traitent se sentent aussi souvent mal à l’aise.