Effets sanitaires induits par les rayonnements – données scientifiques
Résumé
Les bases scientifiques sur lesquelles s’appuient les valeurs limites pour les rayons ionisants proviennent des études sur les survivants des bombardements atomiques, de la médecine du travail, de la radiologie diagnostique et de l’étude du rayonnement naturel. Bien que la radioprotection se fonde sur l’épidémiologie et la radiobiologie, elle constitue, plus que jamais, une zone de tension entre médecine, économie et politique. L’évaluation du risque de cancer radio-induit s’appuie sur le modèle «Linear no Threshold» (LNT). Ce modèle admet que le risque de cancer suit un rapport dose-effet sans seuil. Des études récentes confirment la validité du modèle LNT, également pour des doses en dessous de 100 millisievert (mSv). La radioprotection est actuellement discréditée – même dans des publications médicales – par des personnes proches de l’industrie nucléaire. Les médecins doivent en être conscients. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) et les décideurs sont appelés à prendre au sérieux les craintes du monde médical. Envisager une augmentation des valeurs limites d’un facteur 100 en cas d’exposition planifiée, comme cela est prévu dans la révision des ordonnances, est irresponsable et doit être clairement rejeté pour des considérations de médecine préventive.
Les connaissances actuelles sur les maladies induites par les rayonnements ionisants résultent d’études systématiques faites au Japon sur les survivants des bombes atomiques. Elles servent de base pour évaluer les risques en matière de radioprotection [2]. Huit études épidémiologiques ont été publiées ces dernières années, démontrant que l’évaluation des risques s’applique de la même manière pour des doses situées entre 1 et 100 mSv (tab. 1). Plusieurs groupes travaillant indépendamment les uns des autres ont reproduit les mêmes observations sur les rapports doses-effets. Ce sont des critères parmi les plus certains en faveur de la causalité: le risque de cancer augmente de manière linéaire avec la dose d’exposition. Ces études confirment ainsi le modèle «Linear no Threshold» (LNT) [3]. Dans sa communication aux médias du 2 mars 2018 [4a, b], le Conseil fédéral partage l’idée que les faibles doses de rayonnement doivent être prises en considération.