Le Tribunal fédéral a traité le cas du canton du Tessin, dans lequel le personnel non vacciné des établissements de santé et des institutions sociales était soumis à des tests réguliers. Il reconnaît que cette obligation de dépistage crée une inégalité de traitement entre le personnel vacciné ou guéri et le personnel non vacciné et constitue une atteinte grave à la liberté personnelle et au droit au respect de la vie privée des personnes concernées. Toutefois, ces atteintes aux droits fondamentaux sont justifiées. La différence de traitement trouve sa justification dans la protection des personnes vulnérables séjournant dans ces établissements. Le Tribunal fédéral accorde aux autorités une certaine marge d’appréciation lorsqu’elles prennent des mesures en situation de crise sanitaire, étant donné que leurs décisions se basent souvent sur des connaissances scientifiques incomplètes et limitées. Lorsqu’il s’agit d’évaluer la proportionnalité d’une mesure, les autorités doivent viser un niveau de risque acceptable plutôt que de chercher à l’éliminer complètement. L’obligation de dépistage est une mesure adéquate et nécessaire pour gérer ce risque. De plus, cette approche a permis de prendre en compte la solidarité des soignants vaccinés envers les personnes vulnérables, tout en offrant une alternative au personnel non vacciné. Enfin, les personnes concernées n’étaient pas empêchées d’accéder à leur lieu de travail, mais elles devaient simplement se conformer à une obligation supplémentaire, qui était peu intrusive et gratuite.