Atteint d’arthrose, un patient doit se faire poser une prothèse totale de hanche gauche ; un an plus tard, la même intervention est pratiquée du côté droit. Après cette deuxième opération, le patient ressent des douleurs et constate une différence de longueur de ses jambes. Le médecin traitant procède à des examens cliniques et radiologiques et prescrit un traitement conservateur comprenant de la physiothérapie, de l’ostéopathie et des semelles de compensation. Il explique au patient que tout est normal. Cependant, les douleurs persistent et le patient a le sentiment que son médecin traitant ne le prend pas au sérieux. Il demande un deuxième avis, qui révèle une différence de longueur des jambes de 2,5 cm. On lui indique que l’opération n’a peut-être pas été planifiée correctement. Sur la base de ces informations, le patient s’adresse à son avocat, qui dépose en son nom une demande d’expertise extrajudiciaire auprès du Bureau d’expertises de la FMH. L’expert mandaté doit notamment déterminer si les opérations étaient indiquées et si chacune d’elles a bien fait l’objet d’une planification chirurgicale. Or, en raison d’une documentation lacunaire, il n’est pas en mesure de déterminer si et comment les opérations ont été planifiées. Son évaluation repose donc principalement sur les déclarations et les souvenirs des parties.