Après une pause d’un an, le TARPSY a été remanié et la version 3.0 est prête à être remise au Conseil fédéral pour approbation (cf. la page 607 de ce numéro). De l’avis de la FMH, cette version présente cependant un défaut: le nouvel instrument introduit pour mesurer les limitations fonctionnelles dans plusieurs groupes de coûts psychiatriques (PCG). Issu de la réadaptation et pratiquement inconnu en psychiatrie, cet instrument de mesure remplace une échelle spécifique, en usage en psychiatrie, répondant aux exigences du TARPSY. Dans les faits toutefois, ce nouvel outil imposé à la psychiatrie coûte cher en termes de formation et de travail administratif. Autant de temps perdu pour les entretiens avec les patients, et une insatisfaction accrue des médecins-assistants face au surcroît de tâches administratives. Ici, c’est le principe de performance qui prévaut. Pour être indemnisée, chaque prestation doit être précisément répertoriée. C’est ce que veulent les milieux politiques et les répondants des coûts. Sur le fond, ce principe répond aux normes actuelles de notre société mais en médecine, il est important d’en nuancer l’application afin de contenir la bureaucratie. La version 3.0 du TARPSY génère des tâches supplémentaires et des coûts importants sans bénéfice pour le patient. Pour la FMH, difficile de justifier l’introduction de ce test de réadaptation au seul prétexte qu’il est un petit peu plus précis que les évaluations ­spécifiques à la psychiatrie. Non merci, sans façon, pas besoin d’en rajouter «un petit peu plus».