C’est au plus tard le 25 février, date où a été confirmée la première contamination au COVID-19 en Suisse, que les médecins du pays ont saisi le défi d’un nouveau genre qui se posait à eux. Les établissements médicaux sont prêts [1], écrivait l’Office fédéral de la santé publique dans un communiqué de presse, alors qu’un article décrivant la situation dans les cabinets médicaux [2], complété par les nombreuses questions posées par nos membres – soulignant généralement le manque de matériel de protection [3] –, laissait une impression bien différente. Sur d’autres aspects de la crise également, les avis et les informations divergeaient: alors que pour certains, les règles du temps de travail et de repos étaient momentanément suspendues pour permettre d’effectuer plus d’heures supplémentaires, d’autres ne pouvaient plus planifier d’interventions non urgentes, se voyaient forcés de solliciter le chômage partiel pour leur personnel et de demander des délais à leurs créanciers [3]. Même le taux de contagion du personnel médical est resté plus ou moins inconnu. Si l’OFSP estimait que les médecins étaient à même de se protéger [4], ceux-ci en étaient nettement moins sûrs, à cause de la pénurie de matériel de protection.