Dans ses «Romances sans paroles», Felix Mendelssohn a poursuivi l’idée de créer des contenus et des ambiances non pas par le biais du texte chanté, mais uniquement par la musique. Il s’oppose résolument à l’obligation d’exprimer par des mots ce qu’il pourrait avoir voulu dire. «On parle tant de la musique, et on en dit si peu à son sujet. Je crois en tout cas que les mots n’y suffisent pas, et trouverais-je qu’ils y suffisent que je finirais par ne plus faire de musique du tout. – Les gens se plaignent d’ordinaire que la musique soit si ambiguë, qu’elle élève tant de doutes quant à ce qu’il faut en penser, alors que les mots sont compréhensibles à tous. – Pour moi il en va tout à l’inverse. […] Ce qu’une musique que j’aime me dicte, ce ne sont pas des pensées trop imprécises pour les exprimer en mots, mais au contraire trop précises […].» [1]