Situation de départ
Résumé
L’initiative sur les soins infirmiers a été initiée en raison de l’importante pénurie de personnel résultant de la combinaison entre mesures d’économie et introduction du nouveau système de formation au cours des dix dernières années. C’est surtout au niveau des infirmières diplômées que la pénurie est la plus importante. Aujourd’hui, seuls 43% des besoins estimés pour cette catégorie professionnelle sont couverts, mais ce chiffre doit augmenter. Pour trois diplômes obtenus en Suisse, deux professionnels venant de l’étranger sont engagés. Le monde politique n’a pas été en mesure de prendre des mesures efficaces contre cette pénurie.
L’initiative sur les soins infirmiers vise, par le biais de revendications de différents ordres et dans l’intérêt des patients et de leur sécurité, à motiver davantage de jeunes à opter pour une profession dans le domaine de la santé et de faire en sorte que les professionnels restent à leurs postes. Il s’agit notamment d’augmenter le nombre de diplômes en soins infirmiers par des incitations financières, de définir clairement les rôles professionnels et d’engager toutes les personnes actives dans les soins en fonction de leur formation et de leurs compétences. Le fait de facturer directement les prestations de soins effectuées sous leur propre responsabilité est un moyen de reconnaître les compétences professionnelles des infirmières. Pour accroître l’attractivité de cette profession typiquement féminine, il faut en outre des horaires de travail individualisés et davantage de places pour l’accueil extrafamilial des enfants. Des perspectives de carrière et salariales correspondant aux responsabilités et aux prestations demandées et fournies contribuent à la fidélisation du personnel.
Il y a dix ans déjà, on prévoyait que les stratégies de réduction des coûts dans les hôpitaux entraîneraient à long terme une baisse de la qualité, qui, au niveau du travail sur le terrain, a pour conséquences le renoncement à certains entretiens, des informations lacunaires et un manque de soutien pour la gestion du quotidien [1]. La réforme de la formation entreprise en parallèle (voir encadré, OdASanté 2017) ainsi que la restructuration des offres de formation ont également contribué à la diminution des titres de fin de formation. En 2008 déjà, les besoins en person-
nel infirmier à venir ne pouvaient être couverts qu’à 50% [2].