L’Hôpital universitaire de Bâle a lancé le dossier électronique du patient (DEP) à la mi-août et, depuis ­septembre, les patients peuvent ouvrir leur DEP. Même si une certification conformément à la loi fédérale sur le dossier électronique du patient (LDEP) ne sera possible qu’à l’automne 2019 en raison des adaptations ­nécessaires du droit d’application, cette phase d’introduction sera l’occasion de mesurer la demande du côté de la population et d’estimer le potentiel d’amélioration des soins grâce au DEP, devenu enfin concret après plusieurs années de préparation et de nombreuses discussions au sein de groupes de travail et d’experts. Dans ce contexte et cette phase précoce du DEP, il est plutôt surprenant que la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national [1] propose que seuls les médecins affiliés à une communauté de référence certifiée au sens de la LDEP soient admis à pratiquer à la charge de l’assurance obligatoire. La commission a suivi l’avis du groupe d’experts publié en 2017 dans le rapport sur les mesures visant à freiner la hausse des coûts dans l’assurance obligatoire des soins [2]; l’une d’elles prévoit notamment de supprimer le caractère doublement facultatif du DEP. Dans son explication, le rapport postule que l’utilisation du DEP pourrait engendrer «d’autres gains d’efficience grâce à l’amélioration de la qualité des traitements et de la sécurité des patients». En même temps, il concède pourtant qu’il est difficile de quantifier les gains d’efficience et les économies pour l’ensemble du système de santé.