Jusqu’au milieu du XXe siècle, on ne pouvait guère prétendre que l’humanité courait à sa perte en raison des effets secondaires négatifs du progrès technique. Seul un petit nombre de scientifiques avait compris que le développement technologique et l’expansion économique menaçaient l’avenir de la société humaine. Les avantages économiques de ces deux tendances étaient si évidents qu’on en a oublié que la croissance atteindrait un jour ses limites et que les ressources et réserves énergétiques de la planète ne sont pas infinies. L’après-guerre a été marqué par une euphorie de la reconstruction et dans les décennies qui ont suivi, on a tenté d’étendre la nouvelle opulence à toute la planète à travers la mondialisation. Les mises en garde n’ont pas été entendues et se sont noyées dans l’ivresse de la croissance économique.