Cela fait de nombreuses années qu’à l’hôpital, nous traitons les mêmes groupes de patients avec un éventail de diagnostics identiques. Parfois, les mêmes personnes reviennent pour les mêmes maux. Et pourtant, au moment de la clôture des comptes annuels, c’est toujours le même rituel. Le chef des finances me fixe avec un regard empreint d’inquiétude et de pitié et m’annonce que mon indice du case-mix, ou ICM, a de nouveau chuté. Je baisse les yeux, embarrassé, car ce qui ressemble à un krach boursier des marchés à terme en est réellement un. La négociation virtuelle porteuse d’espoir que je m’étais imaginée et toutes les options théoriques qu’elle aurait pu comporter sont parties en fumée. Le Terminator du «Grouper DRG» a accompli son travail de manière incorruptible et implacable. Si, au moment de passer l’examen fédéral de médecine, on m’avait interrogé sur l’ICM, j’aurais échoué. Depuis, j’ai compris que le «piège» réside dans le fait que les personnes âgées polymorbides hospitalisées en médecine interne ont, comme par magie, un coût relatif qui s’allège d’année en année, ce qui restreint leur droit aux ressources médicales. Telles sont les règles du jeu. Et la demande implicite du chef des finances est de «faire quelque chose».