Mieux vaut tard que jamais»; le conseiller fédéral s’est exprimé en ces termes en ordonnant une révision complète de la loi fédérale sur le dossier électronique du patient (LDEP). Ratage voire échec règlementaire: c’est ainsi que l’on qualifiait auparavant la loi entrée en vigueur en 2017. Les exigences et les conditions générales sont trop détaillées et, leur développement remontant à plus de 10 ans, elles ne tiennent pas compte du niveau d’évolution actuel de la technologie et de la société. Ce faisant, la Suisse est également vantée à l’étranger pour sa gouvernance de la cybersanté: dans le rapport de la Fondation Bertelsmann de 2018 [1], on peut lire que la stratégie de cybersanté et la LDEP fixent un cadre réglementaire clairement défini, avec des délais et des conditions techniques. Le nouveau programme national DigiSanté dont l’élaboration a été mandatée par le Conseil fédéral est cependant la preuve qu’en coulisses, tout ne fonctionne pas encore aussi bien que ce que la perspective macroscopique veut bien nous laisser entendre. Le but de ce programme est de faire avancer la numérisation dans le système de santé suisse [2]. Il vise à combler les lacunes de la Confédération accumulées ces dernières années dans le domaine de l’échange automatisé de données, afin d’éviter aux professionnels de la santé des doubles saisies et des ruptures de médias inutiles.