Suicide collectif
«Il faut bien mourir de quelque chose.» On entend régulièrement cette phrase pour justifier l’absence de changement face à un comportement dont on connaît pourtant les risques. Par exemple de la part de fumeurs. Mais derrière cette apparente résignation fataliste, nos connaissances sur la pharmacologie de la nicotine, notamment quant à son extrême capacité à créer une situation de dépendance, doivent bien sûr nous faire entendre la souffrance d’une personne qui n’arrive pas à se libérer du joug de la cigarette. En tant que professionnels de la santé, nous ne pouvons bien sûr pas accepter l’idée d’une telle résignation, tout comme, en allant plus loin, nous ne pouvons pas accepter l’idée du suicide d’une personne. Car derrière un suicide, il y a également une souffrance. Notre rôle de soignant est précisément d’identifier cette souffrance, quand il est encore temps, pour prévenir le suicide, avant tout passage à l’acte pouvant être fatal. Après, il est trop tard. On ne guérit pas du suicide, et il n’y a donc qu’une seule possibilité, le prévenir.