En examinant plus en profondeur l’économie de la santé, force est de constater qu’avant la pléthore de médecins, c’est la démesure des infrastructures techniques qui favorise la flambée des coûts. Ne faudrait-il pas en tenir un registre fédéral ou régional avant de contrôler la démographie des médecins? Etant donné les performances technologiques, il est devenu quasiment impossible de sortir indemne d’un bilan de santé alors qu’une hospitalisation met en évidence des diagnostics annexes qui n’ont pas toujours valeur de maladie mais qui permettent aux hôpitaux d’être mieux rétribués selon les tarifs DRG des forfaits par diagnostic. Le «progrès» technologique, certes très efficace pour un nombre restreint de pathologies, a donc un immense pouvoir pathogène et profite à divers investisseurs qui cherchent à s’enrichir aux dépens des malades qu’il s’agit donc de multiplier. Dans le même élan, il n’est par exemple pas imaginable de réviser les prix exorbitants des médicaments anticancéreux qui accordent aux entreprises pharmaceutiques des bénéfices faramineux allant jusqu’à 85%.