Depuis des années, il était très connu dans le milieu de la recherche et son nom était mentionné comme nobélisable. Mais être un scientifique de haut niveau ­reconnu par ses pairs est une chose, devenir en quel­ques heures une personnalité mondialement visible en est une autre. «Avant le 4 octobre, je me construisais en paix sur le savoir, en moi et vis-à-vis des autres. Le 4 octobre, on me donne une voix incroyable et le pouvoir qui va avec.» Il a reçu quelque 1300 mails de féli­citations, a été interviewé par les plus grands journaux et chaînes de télévision, a reçu 200 invitations à intervenir quelque part d’une manière ou de l’autre. Tout ­récemment, cela l’a gêné, dans une manifestation ­honorant un scientifique, on écartait ce dernier sans ménagement pour faire la place au nouveau Nobel. Son abord direct et sans façon, son intérêt pour des causes sociales, lui ont attiré de la sympathie, certaines remar­ques sur ce que sont la droite et la gauche en ­politique ont fait froncer des sourcils. Il relève avec ­gratitude la façon dont l’Université de Lausanne l’a soutenu dans la gestion de cette avalan­che, mettant à sa disposition une personne compé­tente.