«Que fait la Commission de la concurrence?», demande Stefan Felder, professeur en économie de la santé, qui déplorait, dans un article récemment publié, que les hôpitaux publics aient «une position dominante» dans beaucoup de cantons. Comme nombre de ses collègues partisans de l’orthodoxie libérale, il pense qu’une concurrence libre entre les hôpitaux ferait baisser les coûts et améliorerait la qualité. Il prend pour référence une étude américaine vieille de 17 ans. «L’indice de dérégulation», déjà présenté une fois et mis à jour entretemps par le bureau de conseil d’Olten, Polynomics, ­enfonce le clou et note les cantons en fonction de la distance qu’ils entretiennent avec les soins hospitaliers. L’avantage du fédéralisme serait de pouvoir observer et comparer les effets des différentes politiques. Mais les adeptes de cette orthodoxie de la dérégulation doivent encore nous prouver quels sont les avantages dont bénéficient les patients, les payeurs de primes et les contribuables dans les cantons qui suivent leurs recommandations. Ni le «Monitoring de l’évolution des coûts de l’assurance maladie» (de l’OFSP), ni les tests aléatoires faits sur les différents portails de comparaison de la qualité ne permettent de conclure qu’une plus grande concurrence entre les hôpitaux diminue les coûts, améliore la satisfaction des patients et aboutit à une meilleure qualité.