Dormir comporte des risques. L’être humain a construit des maisons pour pouvoir dormir en paix, mais tous les autres êtres vivants courent en perma nence le risque d’être dévorés pendant leur sommeil. « La pression évolutive pour qu’ils dorment le moins possible est forte chez les animaux », explique Albrecht Vorster, chercheur spécialiste du sommeil à l’Hôpital de l’Île à Berne. Le neurobio logiste s’intéresse aujourd’hui plus parti culièrement au sommeil humain, mais dans le passé, son sujet de prédilection était le sommeil animal. Il existe chez les animaux des lois intéressantes en matière de repos nocturne : « Les espèces qui se trouvent au niveau le plus élevé de la chaîne alimentaire peuvent se permettre de dormir davantage. » Ils cherchent éga lement des endroits protégés pour dormir ou s’organisent en groupe pour pouvoir le faire dans de bonnes conditions. Les col verts, par exemple, créent plusieurs cercles et les canards qui forment le cercle exté rieur ne ferment qu’un œil afin de pou voir repérer les prédateurs. Ce sommeil unihémisphérique maintient un des deux hémisphères cérébraux éveillés. Après un certain temps, les canards changent de position et ouvrent l’autre œil ou oc cupent une nouvelle place dans le cercle. « Chez les humains, un hémisphère céré bral dort parfois moins profondément, notamment lorsque nous nous trouvons dans un environnement inconnu », pré cise le chercheur.