Introduction

En Suisse, comme dans de nombreux pays occidentaux, le mouvement de désinstitutionalisation qui a frappé la psychiatrie durant la seconde moitié du XXe siècle a conduit à la fermeture de nombreux lits psychiatriques (–44% entre 1992 et 2011) [1]. Contrairement à d’autres pays et à l’exception de quelques initiatives locales, cette tendance n’a pas été accompagnée par le développement de la psychiatrie communautaire. Celle-ci vise à proposer, dans un périmètre géographique défini, des soins qui répondent aux besoins de la population locale, à mettre en lien les services offrant des prestations sanitaires et sociales et à les rendre accessibles aux personnes qui en ont besoin [2]. Une attention particulière est portée aux facteurs ­relationnels, sociaux et environnementaux qui déterminent la santé mentale. Cet article présente les équipes de psychiatrie mobiles, pilier de la psychiatrie communautaire, avance certaines hypothèses pouvant expliquer leur développement marginal en Suisse et propose des pistes qui permettraient d’encourager ce type d’approche.