Une société se mesure à la manière de traiter les plus vulnérables de ses membres. La protection des personnes âgées n’incombe pas qu’aux cantons, elle est aussi un devoir légal et moral qui relève de l’ensemble de la société. Au Tessin, cela fait de nombreuses années que cette question est constamment discutée. Dans le cadre de la planification intégrée LAnz–LACD 2021–2030 [1], l’Ordine dei Medici del Canton Ticino (OMCT) a déjà signalé une lacune structurelle : les personnes âgées, et plus particulièrement celles qui résident en EMS, ne disposent souvent pas de moyens efficaces pour faire valoir leurs droits fondamentaux. Or, malgré les promesses politiques, force est de constater que les progrès concrets se font attendre. Ce problème ne concerne pas que le Tessin, il se pose à différents degrés dans tous les cantons. Un dialogue ouvert et un effort coordonné sont donc indispensables au niveau national. Les sociétés cantonales de médecine et les organisations spécialisées sont appelées à partager leurs expériences et à développer des solutions communes. Si certains sujets sont constamment remis sur la table, ce n’est pas par acharnement, mais parce qu’aucune réponse n’a encore été apportée, comme dans le cas de la protection des droits fondamentaux des personnes âgées.