À un moment donné, nous avons compris tous les deux qu’il n’y avait plus d’espoir et avons souhaité qu’elle puisse rester à la maison jusqu’à la fin. Lors de notre dernière visite chez le médecin en mars dernier, ma femme lui a confié qu’elle aurait aimé vivre encore un printemps pour contempler la beauté de la nature en fleurs. Le médecin réfléchit un instant, puis dit : « Il y a un arbre en fleurs dans le jardin, allons le contempler ensemble. »
Comme ma femme ne pouvait plus se déplacer seule, ils parcoururent lentement, bras dessus, bras dessous, les quelque vingt mètres qui les séparaient de l’arbre. Le médecin demanda à ses assistantes d’apporter deux chaises. Ils s’y assirent et restèrent silencieux, plongés dans leurs pensées et la contemplation de l’arbre en fleurs. Puis le médecin se leva, cassa une petite branche et la tendit à ma femme. Ce message fleuri et printanier, d’apparence modeste, mais d’une valeur inestimable, trouva ensuite sa place sur la table du salon jusqu’à ce que les fleurs se fanent et que la branche sèche.