Un groupe de contrôle virtuel
Dans certains cas, procéder à un essai clinique randomisé n’est pas une option. Chez les enfants souffrant d’un gliome protubérantiel infiltrant, une tumeur cérébrale, il ne serait pas éthique de constituer un groupe de contrôle. « Il s’agit d’un cancer extrêmement agressif, avec une durée de survie qui ne dépasse pas six mois », indique Catherine Jutzeler, professeure assistante au département des sciences et de la technologie de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). « Comme la tumeur se trouve en général au cœur du cerveau, il n’est pas non plus aisé de l’extraire par chirurgie. » Elle a donc développé une solution fondée sur l’IA. « On va se servir de l’imagerie et des données moléculaires générées par le patient pour modéliser comment la tumeur se comporterait en l’absence de traitement, détaille-t-elle. Chaque patient devient essentiellement son propre groupe de contrôle. » Une méthode similaire est utilisée dans le cas des personnes souffrant d’une lésion de la moelle épinière. « Comme il s’agit d’une maladie rare, il n’y a pas toujours assez de patients pour mener un essai clinique en bonne et due forme », dit la chercheuse. Le groupe de contrôle est ici constitué à partir du registre recensant les données historiques sur les autres patients avec la même affection. « On sélectionne ceux dont le profil est le plus semblable au patient qu’on souhaite traiter, au niveau du type de lésion, de son âge et de ses comorbidités », relève-t-elle. Cela permet de déterminer quel traitement sera le plus efficace et l’évolution probable de la maladie.